Comprendre la blockchain

La blockchain, vous en avez sûrement déjà entendu parler ou peut-être pas, et vous n’avez pas compris de quoi il s’agit. Rassurez-vous, vous êtes au bon endroit pour comprendre la blockchain. A l’issue de cet article, vous aurez une totale compréhension de ce qu’est la blockchain, comment ça marche, quels problèmes elle tente de résoudre et pourquoi c’est une révolution.

Qu’est-ce que la blockchain ? 

La blockchain est une technologie de stockage et de transfert d’information sur Internet qui est :

  • décentralisée
  • sécurisée
  • transparente
  • infalsifiable

Que contient la blockchain ? 

La blockchain est une technologie de stockage qui fonctionne sur internet d’accord ! Mais ça stocke quoi ?  Et ça échange quoi comme information ?

comprendre-la-blockchain

Imaginez-vous un livre numérique où sont inscrites des transactions, ainsi que des données et informations attachées à ces transactions. Ces transactions peuvent concerner de l’argent, jetons numériques, des titres, contrats et pleins d’autres choses s’échangeant entre deux parties ou plus. Toutes ces informations sont ensuite regroupées et reliées dans des blocs, d’où le nom blockchain, (chaîne de blocs en français).

Les informations que contiennent la blockchain y sont inscrites de manière irrévocable. Dans le cas des blockchains publiques (Bitcoin, Ethereum…), toutes les informations stockées par ces blockchains sont visibles en temps réel et consultables dans des explorateurs de blocs, ce qui apporte une transparence totale.  

exemple de transactions rassemblées dans des blocs

Qui a créé la blockchain ?

La blockchain a été créée en 2009, par l’inventeur du Bitcoin, Satoshi Nakamoto. Personne ne sait à ce jour qui se cache derrière ce pseudonyme. Cela fait de Bitcoin la première technologie utilisant une blockchain.

Blockchain : la force de la décentralisation 

La blockchain s’appuie sur un réseau décentralisé. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le registre blockchain, qui rassemble toutes les transactions, est détenu par plein d’ordinateurs en même temps au lieu d’être centralisé sur des serveurs par une entreprise, une organisation ou un gouvernement. Les données de la blockchain sont hébergées simultanément sur des millions d’ordinateurs.

architecture centralisée versus architecture blockchain

Les ordinateurs qui gardent chacun une copie de la blockchain sont ce qu’on appelle des nœuds (nodes en anglais). Ces nœuds du réseau sont comme les « administrateurs » de la blockchain. Ce sont eux qui authentifient et valident toutes les transactions en s’assurant qu’elles sont valides. Dans le cas d’une blockchain publique, tout le monde peut devenir un nœud du réseau. Il vous suffit de télécharger le livre de transaction de cette blockchain en entier depuis sa creation. Découvrez comment devenir un nœud Bitcoin ici.

L’architecture décentralisée des blockchains permet d’obtenir une meilleure sécurité que n’importe quel système centralisé. Si l’un de ses nœuds est attaqué et cesse de fonctionner, les autres continueront à tourner sans que la sécurité du réseau ne soit mise en péril.

Comprendre la blockchain : les mécanismes de consensus 

Pour fonctionner correctement, une blockchain nécessite un ensemble de règles appelées mécanismes de consenus que les participants doivent respecter pour prendre part à une blockchain. Voici quelques exemples de mécanismes de consensus :

Proof of work (PoW), la Preuve de Travail

C’est le système utilisé par la blockchain Bitcoin. Ce sont les nœuds du réseau aussi appelés « mineurs » qui se chargent d’authentifier et de valider les transactions en résolvant un problème mathématique très demandeur en puissance de calcul informatique et donc en électricité. La preuve de travail est le mécanisme de consensus le plus sécurisé à ce jour. Il rend les tentatives de piratage très difficiles (car pour le pirater  il faudrait contrôler 51% du réseau et dans le cas de grande blockchain comme Bitcoin, c’est extrêmement coûteux en énergie).

Proof of stake (PoS), la Preuve d’Enjeu

C’est le système utilisé sur la blockchain Ethereum. Alternative moins énergivore mais moins sécurisée que la preuve de travail, la preuve d’enjeu permet à n’importe quel utilisateur d’une blockchain possédant une certaine quantité de jeton de cette blockchain, d’authentifier et de valider les transactions tout en étant rémunéré par de nouveaux jetons. Les utilisateurs éligibles, sont sélectionnés aléatoirement par un algorithme.

Delegated proof of stake (DPoS), la Preuve d’Enjeu Déléguée

C’est le système est utilisé sur les blockhains EOS et Tron (TRX). Dans ce modèle de démocratie indirecte, ce sont les utilisateurs d’une blockchain qui votent pour élire des délégués qui seront chargés d’authentifier et de valider les transactions. Plus vous avez de jetons, plus votre voix compte.

Comprendre la blockchain : sécurité, cryptographie et immuabilité

Blockchain-sécurité-cryptographie-et -immuabilité-cryptactive

L’un des nombreux points forts d’une blockchain demeure sa sécurité. Grâce à son architecture décentralisée, la blockchain ne présente pas de point individuel de vulnérabilité que des pirates informatiques pourraient exploiter. L’une des principales raisons pour laquelle de nombreux autres réseaux se font régulièrement pirater est à cause de leur architecture centralisée.

Au-delà de sa décentralisation, la blockchain repose également sur la cryptographie pour assurer sa sécurité. Cette technologie de chiffrage de l’information est utilisée pour sécuriser les échanges en les rendant impossible à déchiffrer par une tierce personne. La cryptographie est aussi utilisée pour relier les blocs les uns aux autres et ainsi garantir l’intégrité de l’ensemble des informations présentes sur une blockchain. Pour plus d’informations concernant la cryptographie et la blockchain c’est par ici.

Le registre des transactions étant distribué sur des milliers d’ordinateurs, s’il vous prenez l’envie de modifier une information au sein du registre, votre tentative sera immédiatement repérée et invalidée par les autres ordinateurs du réseau. Un utilisateur malveillant doit réunir un minimum de 51% de la puissance de calcul pour pouvoir falsifier le registre. Dans le cas d’une blockchain comme Bitcoin cela est pratiquement impossible à réaliser car non rentable économiquement pour un hackeur. Le coût monétaire nécessaire à une tentative de piratage est supérieur au gain potentiel. De plus, le piratage d’une blockchain comme Bitcoin aurait pour conséquence de faire plonger le prix de la cryptomonnaie et donc de réduire drastiquement sa valeur.

La blockchain : pourquoi c’est une révolution ?

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La blockchain c’est une révolution car :

  • c’est la première fois qu’une technologie permet d’établir un système de confiance qui ne repose pas sur un tiers de confiance ou une autorité centrale mais sur un réseau de pair à pair qui est décentralisé.
  • elle permet d’échanger des titres (argent, jetons et pleins d’autres choses) sans passer par un tiers de confiance comme les banques, notaires ou autres.
  • La blockchain est infalsifiable, il n’est pas possible de modifier une transaction une fois que celle-ci est enregistrée dans la blockchain. Pour falsifier ce livre numérique, il faudrait que plus de la moitié des participants au réseau soient attaqués.
  • c’est un réseau simple d’accès et d’une transparence totale (dans le cas des blockchains publiques). Nimporte qui peut y accéder et y consulter l’ensemble des transactions via un explorateur de blocs.
  • tout comme internet, il est inutile de savoir comment fonctionne la blockchain pour l’utiliser.

Quels secteurs d’activité la blockchain va-t-elle disrupter? 

Avec son architecture décentralisée, sa transparente, sa sécurité, son immuabilité et sa capacité à fonctionner sans tiers de confiance et intermédiaires, la blockchain risque d’impacter de nombreux secteurs d’activité dont :

  • la finance (la blockchain offre des paiements instantanés quasi gratuits sans intermédiaires, cryptomonnaies, DeFI…)
  • industrie alimentaire (tracabilité de la chaîne alimentaire de l’abattage à l’emballage)
  • industrie du luxe (tracabilité de la chaîne de production pour assurer l’origine d’un produit)
  • l’assurance (contrats intelligents, micropaiements, assurance collaborative, gestion plus efficace de l’identification des clients et des donnés associés à la certification et à la validation de contrats)
  • les gouvernements (système de vote transparent et sécurisé, collecte des impôts et cadastres)
  • l’e-commerce (paiements en ligne simples, instantanés, sécurisés)
  • l’immobilier (tokenisation, authentification et exécution de transaction immobilières via les smart contracts sans présence d’un notaire)
  • la santé (tracabilité des médicaments, sécurisation des données de santé des patients)
  • l’éducation (authentification des diplômes vérifiable par tous)
  • l’art (NFT, authentification et tokenisation d’oeuvres d’art, objets de valeur)
  • la propriété intellectuelle des contenus (dépôts et authentifications des droits intellectuelles d’articles, photos, musiques, illustrations)
  • l’énergie (smart cities, smart grid..).

Comprendre la Blockchain : les inconvénients 

Malgré ses caractéristiques innovantes et son fort potentiel, la blockchain n’en est qu’à un stade prématuré de développement, et cela ne va pas sans poser certains problèmes tels que :

  • l’impossibilité  de revenir en arrière. Une fois qu’une transaction est effectuée, elle est irrévocable. C’est un problème lorsqu’on se trompe d’adresse lors d’un envoi de cryptomonnaies. Les jetons sont alors perdus et plus personne ne pourra les utiliser.
  • problèmes de scalabilité (capacité d’un réseau d’être utilisé par un grand nombre d’utilisateur en même temps) même s’il existe des projets tentant de résoudre ce défaut comme le Lightning Network sur la blockchain Bitcoin la scalabilité reste un défaut à surmonter.
  • le procédé de validation de proof of stake PoW (preuve de travail en français) est énergivore, même si d’autres procédés plus respectueux de l’environnement mais moins sécurisés existent.
  • le réglementation autour de cette technologie reste encore à être définie dans de nombreux pays.

Comprendre la blockchain : conclusion 

Pour comprendre la blockchain, il faut retenir que c’est une technologie de stockage et de transfert d’information sur internet qui est décentralisée, sécurisée, transparente et infalsifiable. Même si nous ne sommes encore qu’à un stade prématuré et que certains inconvénients comme la scalabilité subsistent, la blockchain a dores et déjà permis de résoudre un obstacle de taille. Lequel ? Celui d’échanger sur internet de l’information de pair à pair de façon sécurisé, c’est-à-dire d’un individu à un autre sans passer par une autorité centrale. Mais ne vous détrompez pas, la monnaie n’est qu’une des nombreuses applications de la blockchain. Comme nous venons de le voir, la technologie blockchain a un énorme potentiel de développement dans toutes les applications où la confiance joue un rôle central. Pratiquement tous les secteurs de l’économie sont donc concernés.

Nous traversons actuellement dans nos sociétés, une crise de confiance généralisée sans précédent. Perte de confiance envers l’État, les institutions financières, les médias, etc. Dans ce contexte, la technologie blockchain apporte de la confiance, non plus portée par un tiers de confiance comme une institution financière mais par un réseau ouvert autonome et décentralisé et ça, c’est une véritable révolution.

Comprendre la blockchain en moins de 3 min ?

Pour finir, voici une explication rapide, simple et efficace de la blockchain en moins de 3 min 🙂

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